Roxane Gaudette-Loiseau Semaine de sensibilisation aux troubles alimentaires 2015

Dans la cadre de la Semaine nationale de sensibilisation aux troubles alimentaires, Roxane Gaudette-Loiseau nous partage son vécu avec la maladie. Elle nous parle entre autres de la façon dont les troubles alimentaires se sont exprimés chez elle. Elle termine en nous partageant sa plus belle réussite. Venez entendre son histoire!

Cette vidéo a généreusement été réalisée par: L’Appartement Studio

Commentaire (1)

  1. vickie dit

    La semaine de sensibilisation aux troubles alimentaires étant passée et ayant été davantage médiatisée, je décide d’en profiter pour démystifier ce sujet et tenter de passer par-dessus certains préjugés encore très présents dans notre société face à ce fléau.

    Les troubles alimentaires demeurent pour plusieurs un tabou et d’en parler ouvertement dans cette société aux idées plus arrêtées peut s’avérer un défi. En fait, on doit être clair, l’anorexie comme la boulimie ou l’hyperphagie sont des maladies; des maladies d’ordre mentale tout comme la dépression d’ailleurs. Il s’agit de maladies contre lesquelles beaucoup plus de gens que l’on pense se battent continuellement, de jour en jour avec détermination et courage. Pour mettre une image, pour faciliter la compréhension, c’est comme un ange et un démon au-dessus de votre tête qui s’obstinent continuellement. Un certain temps j’ai tenté de cacher ou de camoufler mes problèmes sous d’autres données comme des problèmes cardiaques ce qui en fait était réel puisque mon cœur ne recevait pas assez d’énergie pour fonctionner adéquatement. À un point tel ou mon pouls et ma pression n’étaient pas perceptibles. Et oui, un ECG m’a dit que j’avais fait 4 infarctus.

    Personnellement je n’en ai jamais réellement eu conscience et probablement que tout cela s’est passé durant la nuit. Il s’agit là d’une démonstration qu’il ne faut pas négliger l’impact de cette maladie sur les personnes qui en souffrent. Cependant, la souffrance mentale, psychologique et émotionnelle demeurent beaucoup plus difficile à endurer.

    Toutefois, j’avais beau essayer de cacher à mes camarades de classe ;a vérité et leur dire que tout allait bien, quand une jeune femme frêle quitte l’école pendant 6 semaines et qu’elle revient avec pratiquement 20lbs de plus… Tous des facteurs pour alimenter la machine à rumeurs d’un groupe d’adolescents de 16-17 ans étaient présents. Aujourd’hui avec 20 ans de vie, beaucoup plus de maturité et de travail accompli sur moi-même je suis prête à accepter le fait que j’ai vécu des moments plus difficiles et que ma béquille a été les troubles alimentaires. J’ai été hospitalisé à Ste-Justine sur l’unité de l’adolescence plus précisément avec le programme des troubles alimentaires communément appelé TCA. J’ai eu la chance d’être accompagnée par une équipe en or qui ont su me faire comprendre certaines choses et qui m’ont toujours respecté. Je tiens à saluer le dévouement de Dr Wilkins et de son équipe dont Marie-Paule une femme en or aux qualités innombrables ainsi que Sothérine (désolé si le nom est mal écrit) qui m’a accueillie d’une manière exceptionnellement parfaite. Une jeune femme de 16 ans qui perd tous ses repères, mais qui grâce à cette équipe formidable réussi à s’accommoder. Coupé de tout contact avec mon environnement habituel pendant plusieurs semaines beaucoup de réflexions et de prise de conscience ont été accomplies durant mon hospitalisation. Malgré ses avancées qu’il serait possible de qualifier de spirituelles, ces réflexions ont aussi fait immerger en moi plusieurs regrets. Des regrets de m’avoir rendu aussi loin dans cette maladie et de perdre un temps précieux avec mes proches alors que j’étais dans un hôpital pendant que mes amies s’amusaient et vivaient une vie d’adolescente normale.

    Parlons de béquille. Chaque personne à sa béquille pour tenter de gérer des situations de crise. Certains auront recours à la drogue, d’autres au magasinage compulsif, moi j’ai utilisé le contrôle alimentaire pour gérer la seule chose sur laquelle je pouvais encore avoir un certain contrôle alors que tout semblait s’écrouler autour de moi. Pourquoi me suis-je privé ? Pourquoi alors que l’alimentation est vitale ? Pourquoi moi ? Ces questions tournaient et retournaient encore et encore dans ma tête pendant des semaines. Aujourd’hui, je suis capable d’accepter et de passer par-dessus ces questions pour assumer ses problèmes et passer à autre chose. Est-ce possible de réellement passer à autres choses ? Encore aujourd’hui j’ai des doutes. Je ne crois pas que le trouble alimentaire peut se régler à 100%, je crois davantage qu’il est possible de le gérer et d’apprendre à vivre avec.

    À l’adolescence l’influence des autres est tellement inestimable. C’est pourquoi la question la plus persistante dans ma tête demeurait : qu’est-ce que les autres vont dire ? En effet, à 16-17 ans la personne d’identifie à ses pairs et recherche à trouver son indépendance et à voler de ses propres ailes. Moi, ce processus à tout été freiné par le trouble alimentaire et le repli sur soi-même et l’isolement associés à cette maladie. Une autre question demeure et personne ne peut avoir la réponse à cette question : Et si je ne serais pas tombée dans les troubles alimentaires, si je n’aurais pas souffert d’une phase aigüe de cette maladie, que serait-il arrivé ? Serais-je la personne que je suis aujourd’hui ? À cette dernière question je réponds haut et fort non, car cette expérience m’a changé complètement et ce dans beaucoup de sphères de ma vie. Pour la première, honnêtement, je préfère ne pas savoir ce qui serait advenu de moi sans un TCA. Je suis qui je suis et cet évolution fait partie de moi et m’a fait évoluée.

    Venons au vif du sujet. Pourquoi écrire tout cela et le dévoiler au grand jour ? Tout d’abord pour moi et mon bien-être. Si vous saviez à quel point écrire peut être une thérapie. Par la suite, si ces mots peuvent ouvrir l’esprit d’une seule personne et parvenir à faire son petit bout de chemin dans cette société aux qualités nombreuses, mais aux défauts souvent mal compris, j’aurai fait ma part. Le but ultime est donc de faire comprendre aux gens que les troubles alimentaires ne sont pas des caprices d’adolescents, mais bien un combat quotidien mené par des gens de tous les âges.

    Plus haut je disais avoir caché ma maladie pour éviter les rumeurs de mes camarades de classe. Cependant, il ne s’agit pas là de la seule raison de mon isolement face à cette maladie. En fait, au tout début je voyais cela comme un signe de faiblesse, mais aujourd’hui je m’admets que c’est beaucoup plus compliqué que cela et qu’il faut de la détermination pour en sortir. En tant que personne touchée par un TCA je suis davantage apte à comprendre et à aider des personnes qui en souffrent. J’ai toujours offert mon soutien et mes conseils à quiconque en avait besoin et entre personne ayant ce problème l’entraide est insoupçonnable. Viens ensuite l’importance des proches pour une personne malade. Tout d’abord une mention d’honneur à tous ceux et celle qui aide ou qui vit avec une personne atteinte d’un trouble alimentaire et qui essaie de tout faire pour favoriser la guérison. Il faut du courage, mais surtout beaucoup de délicatesse, de patience et de compréhension. Je veux aussi mentionner les différentes ressources qui existent pour les familles ou les personnes en difficultés dont l’ANEB ou encore la clinique psychoalimentaire ou différentes maisons privées spécialisées dans les troubles alimentaires et les dépendances et bien sur l’hopital Douglas de Montreal. Plusieurs de ses organismes viennent en aide à des centaines de personnes et leur famille années après années.

    Hospitalisée pour anorexie mentale selon mon dossier à Ste-Justine en 2010, je ne peux malheureusement pas dire que je suis guérie, mais je peux dire que je gère la maladie et que je vis beaucoup mieux avec tout cela même si certaines journées sont beaucoup plus dures que d’autres. Il s’agit d’essayer de comprendre son corps, l’interaction de celui-ci avec notre esprit et les autres et apprendre des journées plus difficiles. Certaines journées je suis satisfaite de ce que le miroir reflète comme image et certaines autres je briserais le miroir ou je souhaiterais être quelqu’un d’autres. Ceci fait émerger une autre question : quelqu’un qui a le corps de rêve (même si je n’arrive toujours pas à définir un corps de rêve à mes yeux) est-il vraiment plus heureux que moi ? Personne ne peut répondre à cela car personne n’a réellement le pouvoir d’être dans la tête d’un autre. Cependant, j’ai appris à ne pas me fier aux apparences et sachez qu’une personne extrêmement belle n’est peut-être pas aussi bien dans sa tête et dans sa peau qu’on ne le pense. Un jour un grand sage (mon amoureux) me demanda lorsque le miroir me rendait insatisfaite : Qu’aimerais-tu voir de plus ou de moins dans le miroir ? Ma réponse AUCUNE IDÉE. Comme les filles des magazines ? Certainement pas et je suis très consciente du pouvoir magique de photoshop. De plus, je suis de plus en plus consciente jour après jour qu’il y a tellement plus important que cela dans la vie. Après tout, je suis une jeune femme de 20 ans en bonne santé générale malgré tout ce que je peux faire endurer à mon corps et qui a la vie devant elle. J’ai un amoureux en or, des amies incroyablement compréhensives et présentes et des proches qui m’entourent et me conseillent. Tout cela vaut beaucoup plus qu’un reflet dans le miroir.

    Peur d’être jugée : Oui. Peur de décevoir, de déplaire : Oui. Peur d’échouer : Oui.
    Vickie, arrêtes d’avoir peur, aimes-toi, amuses-toi et vis dans le présent. Tel est le discours continu dans ma tête pour m’aider et continuer d’avancer. J’enterre la petite voix du démon qui me dit mange pas ci, mange pas ça ou encore allez, vas te défoncer au gym. C’est ainsi que les anges et les discours positifs tentent d’enterrer ces petits démons qui s’éteignent doucement. Malheureuse, Non. Malgré la souffrance que peut amener un trouble alimentaire je suis une fille comblée qui aime la vie et qui en profites. Je continuerai toujours d’avancer avec les meilleurs à mes côtés. La vie est belle, elle n’est vécue qu’une seule fois et le biscuit mangé de trop ne vaut pas la peine de gâcher une journée d’hiver ensoleillée.

    Un merci tout spécial à ceux qui ont toujours été là pour moi et qui continue de l’être jour après jour.
    Mes parents, mon frère, mes amies Andréanne et Sandrine, Jany, mes cousines et tous les autres, vous vous reconnaissez et vous êtes d’une valeur inestimable à mes yeux MERCI MERCI MERCI. et un mot spécial pour l’homme le plus fantastique de cette planète qui m’endure, m’encourage, m’aide et me fait évoluer Xavier tu es un ange jamais je ne te le dirai assez JE TAIME

    Vickie

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