Semaine de sensibilisation aux troubles alimentaires 2015: Félix-Antoine Tremblay

Félix-Antoine Tremblay, porte-parole homme d’ANEB, prend la parole pour la Semaine nationale de sensibilisation aux troubles alimentaires. Une personne très près de Félix-Antoine souffre de la maladie. C’est avec beaucoup d’amour pour cette personne qu’il nous parle des enjeux liés aux troubles alimentaires. Il nous apprend que les troubles alimentaires ne sont pas une forme de suicide, mais plutôt une façon de tenter d’avoir du contrôle sur des évènements qui échappent à la personne et des émotions trop difficile à exprimer.

Commentaire (1)

  1. Vickie dit

    Les jours avancent, des questions émergent. Que dois-je faire? Pourquoi le faire? Comment le faire? Des questions apparemment banales voir stupides, mais que malheureusement peu de gens semblent se poser. Pourquoi une chose devrait-elle être faite d’une manière plus qu’une autre? Existe-il réellement une recette miracle ou magique qui convient à tous? La société veut que ce soit fait ainsi. Moi je n’en ai pas envie. Certaines choses méritent, et devraient changer.
    Un changement ça fait peur. Ça inclut perdre certains repères et recommencer sur de nouvelles bases parfois chancelantes. Ça inclut aussi tomber pour mieux ou différemment se relever. Ça inclut apprendre pour avancer. Ça inclut le progrès, le renouveau. Le renouveau, ce vent de changement que nous craignons tous pour quelques raisons soit-il. Bref, le secret pour avancer c’est de commencer.
    J’ai peur. Peur de quoi? De votre jugement? Pourquoi? Peut-être parce que c’est encore trop tabou. Cela étant dit ça doit être une bonne raison d’en parler.
    Proches et moins proches savent que je jongle avec mes démons, mes bibittes jour après jour. Chaque personne a ses problèmes et chaque personne a le choix de les accepter et de les utiliser pour se rendre plus fort ou bien de vivre dans le déni ou encore de s’apitoyer sur son sort.
    Si il y a 10 ans quelqu’un m’aurait demandé où et comment je serais aujourd’hui jamais je n’aurais pu le prédire. Jamais je n’aurais pensé que mes parents allaient se séparer (de manière assez cacophonique), jamais je n’aurais pensé que plusieurs personnes allaient perdre la vie sans que j’ae pris le temps d’en profiter. Jamais je n’aurais pu dire que j’aurais sombré dans des cavernes et des profondeurs d’allure diabolique avec moi-même. Jamais je n’aurais pensé me ramasser à l’hôpital en étant jugé « état critique » (quoi qu’à ce moment-là je ne le croyais pas). Jamais je n’aurais pensé avoir à affronter autant d’épreuves aussi rapidement et aussi intensément. Oui ça a été difficile. Cependant, au moment d’écrire ces lignes, je réalise que ces épreuves me définissent. Peut-être qu’au moment de tous ses évènements je n’étais pas assez mature ou ouverte pour réaliser ce qui me pendait sous le nez. Par contre, aujourd’hui avec le recul je réalise que malgré la souffrance, ces moments ont fait de moi qui je suis aujourd’hui. Oui des gens ont vécu pire, vivent présentement des choses atroces et ce partout dans le monde et certaines personnes devront affronter des choses très difficiles dans les prochains jours, mois ou années. Je ne banalise pas la souffrance de qui que ce soit car personne ne peut la comprendre plus que la personne qui souffre. Les troubles alimentaires, comme tout autre troubles ou maladies mentales, touchent beaucoup plus de gens qu’il est possible de croire. Je pensais être seule dans cette spirale infernale, mais plus j’en parle plus je réalise qu’il y a des gens touchés de près ou de loin par ce fléau. Ces gens sont souffrants. Je ne vous demande pas de comprendre cette souffrance. Elle est complexe et voir incompréhensible. Elle est difficile à comprendre pour les gens qui la vivent alors je n’imagine pas pour les gens autour. Elle est à la fois physique et psychologique. Elle fait appel à des traumatismes, à des fragilités. On croit être mieux et le lendemain tout va mal. On doit se relever et y aller une heure à la fois en essayant de garder le sourire et l’ESPOIR. On vous dit mange, ça ira mieux. Si seulement c’était simple comme ça. Certes, il faut un certain poids pour être hors de danger et fonctionnel. Cependant, ce n’est pas qu’en mangeant que le problème se règle. Le coco lui, tsé lui qui a besoin de sucre pour bien fonctionner, mais lui aussi il a besoin de soins. Il doit être flatté dans le sens des poils comme on dit, mais il a surtout besoin de temps pour s’y faire et prendre du mieux. Le problème est que bien des anorexiques, boulimiques ou personnes atteintes d’un quelque trouble alimentaire en expansion dans ce monde de paraître parfois trop superficiel à mon goût sont des « freak du time » (et je m’y inclus). Voulant tout régler maintenant, il s’agissait, dans mon cas d’une défaite dès le début réalisant que je ne pouvais régler ce problème du jour ou lendemain en claquant des doigts. C’était comme un petit deuil que d’accepter que ce soit un combat quotidien qui allait probablement perduré dans le temps. Un combat qui allait demander temps, travail, courage, persévérance et surtout du LAISSER ALLER.
    Certaines personnes diront que les personnes atteintes d’un trouble alimentaire ne veulent que de l’attention. Je suis capable d’admettre que c’est une possibilité dans certains cas, mais je suis d’avis que ces cas illustrent tout de même une certaine détresse psychologique, non ? Je suis même capable de dire qu’à la base oui c’est peut–être pour certaines personnes un moyen pour crier : « J’existe », pour trouver un refuge alors qu’on perd le contrôle sur tout, tout, tout ce qui nous entoure.
    Bref, tout cela pour dire que je m’appelle Vickie Arsenault que j’ai été hospitalisée à Ste-Justine sur l’unité des troubles alimentaires par le Dr Wilkins (un homme formidable) en 2010 pour anorexie nerveuse. Aujourd’hui en 2015, je flirte toujours avec les troubles alimentaires avec des petits crash, mais j’essaie de me rappeler à chaque jour les belles choses que la vie m’a offert et m’offre encore jour après jour.
    J’ai un souhait, que la société s’ouvre les yeux, qu’elle se pose des questions et décide la direction qu’elle veut prendre. En souhaitant que cette direction inclue un monde sans jugements, un monde d’ouverture et d’idées.
    Si tu t’es rendu jusqu’ici c’est que tu es touché ou que tu veux t’informer sur cette cause. C’est présentement la Semaine nationale de sensibilisation aux troubles alimentaires dirigées au Québec par ANEB et la Maison l’Éclaircie.
    Merci à tous ceux qui me soutiennent depuis tout ce temps et qui m’acceptent avec mes défauts.
    Un merci particulier à Sandrine et Andréanne Desjardins, Jany Peters, Louis Arsenault, Céline Ducharme, Xavier St-Laurent, Claudia Salinas Lara, Catherine Turgeon pour ne nommer que quelques-unes des personnes formidables qui m’entourent.

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